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Un portrait d'Amira Hass, reporter et éditorialiste du quotidien israélien Haaretz.


Amira Hass, née en 1956 à Jérusalem, est une journaliste et auteure israélienne, surtout connue pour ses articles sans concession avec le régime israélien dans le quotidien Ha'aretz. Elle est particulièrement connue parce qu'elle vit en Cisjordanie après avoir habité à Gaza et qu'elle n'a pas l'habitude de mâcher ses mots et critiques à l'égard de ceux dont elle considère qu'ils sont responsables de l'enlisement de la situation en Palestine occupée.

Le quotidien Le Monde lui a consacré un article élogieux paru le 16 août dernier sous la plume de Rémy Ourdan que vous pouvez télécharger ci-dessous.

 

https://www.lemonde.fr/festival/article/2019/08/15/de-l-education-sarajevienne-a-la-cause-palestienne_5499759_4415198.html

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Amira Hass- De "l'éducation sarajévienne" à la cause palestinienne
Amira Hass_ De l'éducation sarajévienne
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En 2001, paraissait l'édition française de ses chroniques sur Gaza intitulées BOIRE LA MER A GAZA. Ce livre, (malheureusement épuisé aujourd'hui sauf sur les sites d'occasion peut-être) avait connu un vrai succès dans le mouvement de solidarité avec la Palestine...

 

Ndr : Nous en avons au moins un exemplaire à disposition que nous pouvons prêter...

 

Extraits de la présentation qu'en faisait alors son éditeur.

 

"Le livre dont il est question ici, Boire la mer à Gaza, est un recueil d’articles écrits et publiés dans le journal Haaretz, entre 1993 et 1996 (publication du livre en Israël). Le titre est tiré d’une expression arabe, signifiant familièrement “va au diable!”. Dans la région, chez les Palestiniens comme chez les Israéliens, on convient généralement, comme l’écrit Sylvain Cypel dans Le Monde du 22 décembre, que “Gaza, c’est l’enfer”. 

(...)

Amira Hass apporte ici des témoignages, des entretiens, des choses vues et des mises en regard d’analyses provenant de différentes instances et portant sur plusieurs périodes. À travers des entretiens réalisés avec d’anciens militants devenus aujourd’hui des responsables en vue, elle revient par exemple sur la première Intifada et sur la manière dont ils ont pris la tête du mouvement et imposé des faits accomplis à la direction de l’OLP, que l’exil avait fini par couper du terrain. Ce sont ces jeunes dirigeants locaux, plus militants qu’hommes d’appareil, que Yasser Arafat, faute de pouvoir les contrôler, avait appelés ses “généraux”. Ailleurs, elle documente les petits faits quotidiens qui témoignaient de l’arrogance et du mépris des soldats d’occupation, lesquels à leur tour ne font que renvoyer à la mauvaise foi stupéfiante des autorités politiques et militaire israéliennes.

(...) 

Elle marque enfin le grippage originel lié aux points laissés en suspens à Oslo et la pusillanimité d’accords qui laissaient à la mauvaise volonté des Israéliens toutes opportunités de se manifester efficacement (blocage des points de passage, interdiction aux ouvriers travaillant en Israël de passer la frontière, fermeture de l’aéroport, non respect de l’obligation d’établir un corridor avec la Cisjordanie). Pour autant, elle n’épargne pas l’incompétence, pour dire le moins, des dirigeants de l’Autorité palestinienne. Le résultat est que la situation des Gaziotes, en fin de compte, n’a cessé de s’aggraver depuis 1994.

(...)

Il convient ici de rappeler ce qui est devenu déjà légendaire à propos du personnage de l’auteur. Sa mère, sarajévienne et rescapée de Bergen Belsen, lui a raconté, alors qu’elle était enfant, une scène qui s’est gravée dans sa mémoire et gouverne aujourd’hui tout son travail et son engagement politique : descendant du train qui l’amenait au camp, la jeune fille avait aperçu un groupe de femmes qui regardaient le convoi, mi-curieuses, mi-indifférentes. Très tôt, Amira Hass a su qu’elle ne serait jamais de ceux qui restent sur le côté pour regarder. Ce qui signifiait qu’elle serait à l’intérieur, pour partager et témoigner. Amira Hass fait un travail qui, à sa manière journalistique, va dans le même sens que celui des Nouveaux historiens israéliens : c’est un travail de démythification et de réancrage des outils de la pensée dans un monde où l’autre, l’interlocuteur avec qui l’espace est en partage, est bien en vue et non l’objet d’une dénégation répulsive/compulsive. La pertinence de cet effort me paraît devoir toucher non seulement ceux qui s’intéressent au conflit israélo-palestinien, mais de manière plus générale, ceux pour qui les questions que pose la résistance ne sont pas épuisées et ceux pour qui la destinée tragique du peuple palestinien, celle pathétique du peuple juif n’ont rien d’énigmatique ni de divin, mais restent un défi devant lequel il importe de ne pas laisser céder la pensée."