DÉCLARATION DE L’AFPS DU PAYS DE MORLAIX LORS DU RASSEMBLEMENT du 6 OCT 2016



Une fois de plus la marine israélienne a empêché le mouvement de la solidarité avec le peuple de Palestine de débarquer à Gaza pour briser le blocus instauré en juin 2007 dans la bande de Gaza après la victoire du Hamas. Comme nous le craignions depuis hier après-midi, les forces armées israéliennes ont attaqué le "Bateau des femmes pour Gaza" à moins de 50 milles au large des côtes palestiniennes et l'ont détourné vers Israël, alors même que la population, attendait avec impatience son arrivée.

 

Selon des médias israéliens, le bateau a été redirigé vers le port d'Ashdod, à 40 kilomètres au sud de Tel Aviv.  « Le bateau a été arrêté sans résistance de la part de l'équipage, à 65 kilomètres des eaux israéliennes », a rapporté une source militaire qui a précisé en fin de soirée que l'opération s'était effectuée "sans violence".

 

Comme si, arraisonner un bateau dans les eaux internationales n'était pas en soi une violence autant qu'une violation du droit international !

 

Notre amie Claude Léostic, porte-parole de l’opération « Bateaux des femmes pour Gaza » pour la France a précisé : « A 15 h 58, le 5 octobre, nous avons perdu tout contact avec la Zaytouna et nous présumons que la marine d’occupation israélienne a commencé à l’attaquer et qu’il a été encerclé dans les eaux internationales ».

 

À bord du bateau se trouvent treize femmes, dont l’Irlandaise Mairead Maguire, lauréate du prix Nobel de la paix en 1976, Fauziah Hasan, une médecin malaisienne, et Anna Wright, ex-colonel de l’armée américaine. Les treize femmes à bord ont pris la mer à Barcelone le 14 septembre pour briser le blocus de la bande de Gaza. La Zaytouna fait partie de la Flottille de la liberté, collectif d’initiatives humanitaires contre le blocus.

 

Depuis 2008, des bateaux du monde entier tentent, en vain, de franchir le blocus terrestre, aérien et maritime instauré par Israël contre ce petit territoire miné par la pauvreté et le chômage. En mai 2010, c’est le Mavi Marmara qui avait été arraisonné dans les eaux internationales par des commandos israéliens. Dix militants turcs qui se trouvaient à bord avaient été tués et des dizaines d'autres avaient été blessés. A chaque fois, le matériel de solidarité emporté sur les bateaux est confisqué ou détruit et les militant-e-s de la solidarité emprisonné-e-s avant d'être expulsé-e-s.

 

A cette heure nous n'avons aucune nouvelle des 13 passagères de la Zaytouna-Oliva qui tentaient de briser le blocus de Gaza afin de rencontrer la population palestinienne qui s'y trouve enfermée en violation, là aussi, du droit international. Dans son dernier mail (14H 30 aujourd’hui), Claude Léostic confirme « qu’elles ont été attaquées et kidnappées, amenées en Israël la nuit dernière, transférées du port d'Ashdod dans un centre de rétention et devraient être expulsées. Mais on n'a que la parole israélienne pour dire que tout s'est passé sans violence. »

 

Il faut rappeler ce qu’est la bande de Gaza : Quarante kilomètres de long sur moins d’une dizaine de large, une bande de terre le long de la Méditerranée au sud d’Israël qui détient le triste record de la plus grande densité de population au monde : 5200 habitants au km2 (1,9 millions de Gazaouis sur 360 km2). Administrés par le mouvement Hamas depuis 2007, les gazaouis subissent un blocus total de la part d’Israël entrainant une pénurie de tous les produits de base dont l’eau, l’électricité, l’essence, les matériaux de construction. En 2008, l’attaque israélienne « Plomb durci » a fait 1315 victimes palestiniennes et en 2014 l’opération « Bordure protectrice » en a fait plus de 2000. Ces deux agressions militaires extrêmement meurtrières pour les populations civiles ont entraîné de nombreuses plaintes contre Israël devant la cour pénale internationale. Selon l’ONU, Gaza, véritable prison à ciel ouvert, sera invivable en 2020. 

Hier, pendant que des militants s’apprêtaient à célébrer l’arrivée du « Bateau des femmes », que des scouts et des groupes de musique se préparaient à des festivités dans l’après-midi sur le port de Gaza, que des bateaux devaient également sortir en mer (dans la limite des six milles au-delà desquels la marine israélienne lance régulièrement des tirs de sommation, et a l’habitude d’ouvrir le feu sur les bateaux de pêche), hier donc, l’armée israélienne a de nouveau frappé de plusieurs dizaines de tirs de canons les positions du Hamas dans la bande de Gaza.

Des sources au sein des services de sécurité palestiniens dans la bande de Gaza ont ensuite rapporté des tirs de chars israéliens sur une base de la branche armée du Hamas dans le nord de Gaza et à plusieurs endroits le long de la frontière. Selon les mêmes sources, trois bombardements aériens ont aussi visé d'autres bases dans le sud de l'enclave, à Khan Younès. Enfin, c’est un journaliste de l'AFP qui a constaté que deux raids de l'aviation israélienne ont également visé des positions des services de sécurité du Hamas près de la ville de Gaza.

 

Le blocus israélien, terrestre, maritime et aérien, se double au sud du territoire d’un blocus égyptien. Ce qui selon la Banque Mondiale a poussé au bord du gouffre l’économie du territoire et les 1,9 millions d’habitants qui s’y entassent. Encouragé par l'inaction complice des instances internationales, l’État d’Israël a condamné presque 2 millions de personnes, hommes, femmes et enfants à être les prisonniers d'un blocus à perpétuité. Et quand il ne bombarde pas leur territoire, il en interdit l'accès à celles et ceux qui veulent exprimer leur solidarité. Il n'avait pourtant aucun droit d’intervenir contre le bateau des femmes pour Gaza, ni dans les eaux internationales, ni près des côtes de Gaza qui sont palestiniennes.

 

Nous disons encouragé par l'inaction complice des instances internationales, preuve en est qu’aujourd’hui même au parlement européen, Pascal Durand (député EELV) n'a pas été autorisé à parler du bateau et de son détournement par le président et Malin Bjork, militante suédoise qui était sur la Zaytouna de Barcelone à Ajaccio, s'est fait couper le micro quand elle a commencé à parler de Gaza.

 

La libre circulation des personnes est une liberté fondamentale que les femmes de la flottille 2016 revendiquent. Cette liberté nous continuerons à la revendiquer avec elles :

 

Pour le respect du droit international !

Pour le respect des droits du peuple palestinien !

Pour que cesse le blocus inhumain de Gaza !