63 députés européens demandent la suspension du traité entre l’Union Européenne et Israël

Communiqué de la CECP, mercredi 28 janvier 2015

 

Coordination Européenne des Comités et Associations pour la Palestine - Un groupe de 63 députés influents ont appelé la chef de la politique étrangère de l’UE, Mme Federica Mogherini, à suspendre l’accord d’association UE-Israël, le principal traité entre l’UE et Israël.

 

Par cette importante initiative inter-partis, c’est la première fois, depuis le massacre de plus de 2300 Palestiniens à Gaza l’été dernier, que des députés européens aussi nombreux appellent à des mesures aussi sévères contre Israël.

 

« Amnesty International et des organisations palestiniennes ont prouvé qu’Israël a délibérément ciblé des civils et commis d’autres crimes de guerre lors de sa récente offensive contre les Palestiniens à Gaza. Ce sont des violations graves du droit international et du droit international humanitaire qui ne peuvent être tolérées », ont déclaré les députés signataires, appartenant aux cinq plus grands groupes politiques du Parlement européen.

 

« Nous appelons la Commission à envisager la suspension de l’accord d’association avec Israël, à moins qu’Israël ne prenne des mesures substantielles et immédiates pour mettre son comportement en conformité avec le droit international », ont demandé les députés.

 

Cette lettre fait écho à un appel lancé en Novembre par un groupe de plus de 300 organisations de droits de l’homme, de syndicats et de partis politiques de toute l’Europe, qui ont écrit à Mme Mogherini pour demander la suspension de l’accord d’association UE-Israël.

 

L’accord d’association UE-Israël, qui est entré en vigueur en 2000, facilite largement et sans restriction les relations commerciales entre l’UE et Israël, et permet à Israël de participer à un large éventail de programmes de l’Union.

 

« En outre, l’absence d’action importante de l’UE vis-à-vis d’Israël apparaît en décalage avec la vitesse à laquelle ont été mises en œuvre des mesures restrictives vis-à-vis de la Russie du fait de la crise en Ukraine ces derniers mois, ainsi que les mesures restrictives mises en œuvre contre plus de 30 autres pays », ajoute la lettre.

 

Depuis la dernière attaque d’Israël contre Gaza, l’UE a publié des critiques parmi les plus fortes qu’elle a jamais exprimées, mais il reste encore à prendre des mesures substantielles pour les traduire dans les faits, même s’il est entendu que l’UE n’est en aucune manière disposée aujourd’hui à renforcer ses relations avec Israël.

 

En juin 2013 l’UE a annoncé qu’elle interdisait que ses financements soient attribués à des colonies israéliennes illégales, et en 2014, elle a coordonné les Etats membres pour qu’ils publient une déclaration mettant en garde les entreprises sur les risques juridiques et politiques associés aux activités dans les colonies israéliennes, qui sont illégales.

 

Les participants à la campagne estiment que ces mesures sont les bienvenues, mais que des mesures plus sévères telles que l’interdiction des relations économiques avec les colonies israéliennes illégales et une interdiction des exportations d’armes vers Israël sont nécessaires pour exercer une réelle pression sur Israël afin qu’il se conforme au droit international.

 

En septembre l’année dernière, des organisations de la société civile palestinienne avaient écrit à l’ancienne chef de la politique étrangère de l’UE, Catherine Ashton, pour demander la suspension de l’accord d’association UE-Israël, faisant valoir que « les crimes de guerre d’Israël et son sabotage de tous les efforts pour parvenir à une paix juste fondée sur les résolutions de l’ONU doivent avoir des conséquences réelles et substantielles, et pas seulement cosmétiques ».

 

>>Lire la lettre des députés européens et voir la liste des signataires (pdf en Anglais)

>>Texte original du communiqué sur le site de la CECP

Agissez maintenant : exhortez vos parlementaires européens à demander la suspension de l’Accord d’association UE-Israël