Ahed Tamimi et sa mère Nariman condamnées à 8 mois de prison !


Ahed Tamimi, arrêtée chez elle le 17 décembre a passé son 17e anniversaire en prison. Elle vient d'être condamnée à 8 mois de prison. 

C'est le résultat d'un accord passé par sa défense, le fameux "plaider coupable" pour lui éviter une lourde peine de 3 à 7 ans dont elle était menacée par ses juges et que réclamait le pouvoir israélien, notamment le sinistre ministre de la défense, Avigor Lieberman. 

8 mois de prison pour avoir giflé un soldat de l'occupation israélienne qui s'était introduit dans la cour de sa maison après l'avoir aspergée de gaz lacrymogène et juste après qu'un de ses cousin ait été grièvement blessé par une balle en caoutchouc. 

L'occupant israélien qui presque chaque semaine mène des incursions violentes dans son village de Nabi Saleh, ne lui pardonne pas son geste. Une jeune palestinienne de plus est donc victime de l'oppression israélienne, ce qui démontre clairement la politique systématique de Tel-Aviv concernant les enfants de Palestine: les terroriser afin de les museler eux et leurs familles.

En vain, il y a fort à parier que Ahed sortira de prison encore plus forte et déterminée.

Sa mère Nariman, arrêtée le lendemain de l'arrestation de sa fille a également été condamnée à 8 mois de prison et 1500 euros d'amende. Son crime ? Avoir soutenu sa fille et dénoncé les exactions de l'armée d'occupation...

Voir l'article : http://filiu.blog.lemonde.fr/2018/03/18/lacharnement-israelien-a-lencontre-des-adolescents-tamimi/ 


Commentaires de l'association israélienne des droits humains

B’Tselem publiés le 21 mars

La négociation de plaidoyer forcée

d’Ahed Tamimi illustre clairement le rôle du tribunal militaire pour les jeunes : protéger l’occupation et non pas les mineurs palestiniens

 

Le taux de condamnation devant les tribunaux militaires israéliens est de presque 100 % - non pas parce que le parquet militaire est tellement efficace, mais parce que les accusés palestiniens signent à contrecoeur des négociations de plaidoyer dans lesquels ils se reconnaissent coupables. Un nouveau rapport publié hier par B’Tselem montre comment les mesures qu’Israël a mis en avant au cours de la dernière décennie en tant qu’exemples de l’amélioration de la façon dont il traite les mineurs palestiniens devant les tribunaux militaires a peu de rapports avec la protection des mineurs et tout à voir avec les relations publiques. En fait, la fonction du tribunal militaire des jeunes se résume à signer les négociations de plaidoyer telle que celle signée aujourd’hui.

 

Cet après-midi, le tribunal militaire établi à Ofer a signé les négociations de plaidoyer concernant ‘Ahed et Nariman. Les négociations de plaidoyer comprennent huit mois de prison et une amende. Un nouveau rapport publié hier par B’Tselem, « Mineurs en péril : Violation des Droits des Mineurs palestiniens par les Tribunaux Militaires d’Israël », analyse les changements dont Israël a fait état au cours de la dernière décennie en ce qui concerne le traitement des mineurs palestiniens devant les tribunaux militaires. Le rapport révèle que, alors qu’ils sont utiles à la propagande israélienne, ces changements techniques n’ont rien fait pour améliorer la protection des droits des mineurs.En particulier, le rôle du Tribunal Militaire pour les Jeunes, dont Israël considère la création comme une réalisation historique dans la protection des droits des mineurs dans le système des tribunaux militaires, est principalement de signer les négociations de plaidoyer déjà conclues entre la défense et l’accusation à l’extérieur de la salle d’audience. Presque tous les mineurs signent les négociation de plaidoyer, peu de choix leur ayant été laissé par la politique de détention des tribunaux militaires : la plupart des mineurs sont détenus depuis le moment de leur arrestation jusqu’à ce qu’ils aient fini de purger leur peine. Effectuer de l’intérieur de la prison un procès fondé sur des témoignages est lourd de difficultés, et les accusés savent que s’ils sont déclarés coupables, ils seront de toute façon condamnés à la prison, étant donné qu’il n’existe pas d’alternatives. Même dans le cas extrêmement improbable où ils sont acquittés, le temps qu’ils ont passé en détention pendant le procès peut être aussi long, voire plus long, que le temps qu’ils passeront en prison dans le cas d’une négociation de plaidoyer.

Le cas d’‘Ahed Tamimi est exceptionnel seulement en ce qu’il a retenu une attention particulière des médias, mais il n’est pas fondamentalement différent des centaines de cas analogues chaque année. Selon les chiffres fournis à B’Tselem par le Service des Prisons Israélien, le 28 février 2018 le SPI gardait en détention 356 mineurs palestiniens : 95 d’entre eux purgeaient une peine de prison, 257 étaient en détention avant ou après avoir été déclarés coupables, et quatre étaient maintenus en détention administrative. Alors qu’Israël affirme tenir à coeur les droits des mineurs palestiniens qu’il arrête et met en jugement, c’est le contraire qui est vrai : les droits de ces mineurs sont régulièrement et systématiquement violés à partir du moment de leur arrestation.

 

(traduit de l’anglais par Yves Jardin, membre du GT de l’AFPS sur les prisonniers)


Communiqué d'Amnesty International

Publié le 22.03.2018. 

 

8 MOIS DE PRISON

POUR AHED TAMIMI

 

Ahed Tamimi, militante palestinienne de 17 ans, a été condamnée à huit mois de prison. Une manoeuvre pour intimider qui osent contester l’occupation israelienne.

La jeune militante a été condamnée à huit mois de prison et à une amende de 5 000 shekels (environ 1160 euros), assortie d'une peine de trois ans avec sursis, aux termes d’un accord sur sa peine conclu devant le tribunal militaire d'Ofer, en Cisjordanie occupée.

L’incarcération d'Ahed Tamimi, militante mineure palestinienne, est une manœuvre flagrante visant à intimider ceux qui osent contester les circonstances de l'occupation.

Elle a été déclarée coupable de quatre des 12 chefs d'inculpation retenus contre elle, notamment de provocation, de coups et blessures et de deux chefs portant sur le fait d'avoir empêché les soldats de s'acquitter de leur mission.

Sa mère Nariman a été condamnée à huit mois de prison et à une amende de 6 000 shekels (environ 1 400 euros), ainsi qu’à trois ans avec sursis pour provocation, complicité dans l’agression d’un soldat et entrave à la mission d’un soldat. La cousine d'Ahed, Noor Tamimi, a écopé d'une amende de 2 000 shekels (465 euros).

 

Des condamnations absurdes au regard de la situation.

 

Lire aussi : l'histoire d'Ahed Tamimi

https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression/actualites/israel-liberer-la-jeune-militante-palestinienne-ahed-tamimi

 

ISRAËL ET LES DROITS DES ENFANTS

En condamnant Ahed Tamimi à huit mois de prison, les autorités israéliennes confirment qu’elles n’accordent guère d’importance aux droits des mineurs palestiniens et n'ont pas l'intention de revenir sur leurs politiques discriminatoires. Aux termes de la Convention relative aux droits de l’enfant, à laquelle Israël est partie, l'arrestation, la détention ou l'incarcération d'un mineur ne doit être utilisée qu'en dernier recours, et pour la plus courte période possible.

Cette condamnation illustre une nouvelle fois le mépris des autorités israéliennes à l’égard de leurs obligations s’agissant de protéger les droits fondamentaux des Palestiniens qui vivent sous leur occupation, y compris des mineurs.


Communiqué de l’AFPS
Ahed Tamimi : 8 mois de prison pour une gifle à un soldat israélien !

Cette jeune fille palestinienne, mineure, qui avait donné une claque à un soldat de l’occupation israélienne qui s’était introduit chez elle après l’avoir aspergée de gaz lacrymogène et alors que son cousin avait reçu une balle en pleine tête, vient d’être condamnée à 8 mois de prison par le tribunal militaire israélien. Sa mère Nariman, présente lors de l’incident, a été condamnée à la même peine ainsi qu’à une lourde amende.

 

Mercredi 21 mars, la jeune palestinienne Ahed Tamimi, arrêtée le 19 décembre pour avoir giflé et bousculé un soldat, a été condamnée à 8 mois de prison ferme. C’est le résultat d’un accord passé avec sa défense pour lui éviter une peine encore plus lourde : en effet l’État d’Israël impose aux « accusés » de plaider coupable faute de quoi les peines sont extrêmement lourdes. L’État d’Israël n’a que faire du respect du droit international, des droits humains, des droits de l’enfant : il enferme ceux qui lui résistent quel que soit leur âge pensant ainsi réduire au silence tout un peuple ! Pensant le soumettre et le contraindre à partir, à quitter sa terre pour laisser place nette.

 

L’armée d’occupation israélienne s’en prend depuis des mois à ce lieu symbolique de la résistance non violente qu’est le village de Ahed, Nabi Saleh, mais aussi particulièrement à la famille Tamimi, sa famille dont des dizaines de membres, hommes, femmes et enfants ont été arrêtés ces dernières semaines.

 

Depuis la déclaration de Trump sur Jérusalem la répression est terrible : défenseurs des droits humains, acteurs de la résistance populaire, jeunes de Jérusalem, femmes, enfants sont arrêtés par dizaines, par centaines, sans compter les assassinats. Rien que la semaine dernière, deux civils palestiniens ont été tués à Hébron et Naplouse, 28 civils, dont 5 enfants et une étudiante ont été blessés en Cisjordanie où 69 civils dont 11 enfants et 2 femmes ont été arrêtés (9 enfants et 1 femme à Jérusalem Est).

 

Comment accepter un tel déni de justice ? L’élan de solidarité envers l’injustice faite à Ahed face au scandale qu’a représenté son arrestation ne doit pas retomber. Son portrait a été brandi dans le monde entier lors de manifestations exigeant sa libération. Cela a aussi été l’occasion de rappeler la situation faite aux prisonniers politiques palestiniens (ils sont plus de 6000 en ce moment dans les prisons israéliennes dont 350 enfants). Sa condamnation représente un scandale encore plus grand. L’élan de solidarité doit maintenant s’étendre à tous les enfants palestiniens enfermés dans les prisons israéliennes en violation complète du droit international.

 

C’est dans ce contexte que Jean Yves le Drian, Ministre de l’Europe et des affaires étrangères, se rendra en Israël la semaine prochaine. Va-t-il éluder la question des prisonniers politiques palestiniens ? Va-t-il éluder la question des enfants prisonniers ? Va-t-il exiger ou pas la libération de notre compatriote Salah Hamouri ? Va-t-il préparer en toute quiétude les festivités du 70ème anniversaire de la déclaration unilatérale de l’État d’Israël marquées en France par la saison croisée France Israël ? Va-t-il se comporter comme s’il avait en face de lui les gouvernants d’un État normal alors que cet État viole tous les jours les droits humains et le droit international ?

 

Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire : il faut que cela cesse ! Il est plus que temps que la France et l’Union européenne prennent leurs responsabilités et décident ENFIN de placer le peuple palestinien sous leur protection. Il est plus que temps qu’ils prennent leurs responsabilités qu’on en finisse avec l’impunité d’Israël.

 

Le Bureau national de l’AFPS, 22 mars 2018