Nour et Manal Tamimi libérées de la prison israélienne ; exigeons la libération de Ahed et Nariman Tamimi !


Tard dans la nuit du 4 janvier 2018, Nour Tamimi a été libérée de la prison israélienne, où elle a été rejointe par sa famille. Sa libération suit le rejet par un tribunal militaire de l’occupant d’un appel de son ordre antérieur de libération. Elle a été libérée sous caution et en étant soumise à un certain nombre de conditions  sévères, dont l’obligation d’un rapport hebdomadaire tous les vendredi à un commissariat de police  et reste inculpée par les tribunaux militaires de l’occupant pour « agression » et  pour entrave  aux obligations d’un soldat.

 

Nour est la cousine  de Ahed Tamimi, 16 ans , et est aussi une dirigeante de la résistance populaire palestinienne du village de Nabi Saleh. Nabi Saleh, village de 600 Palestiniens, est entourée par la colonie illégale de Halamish, qui a volé les terres du village et même sa source. Les membre de la famille Tamimi sont les dirigeants de combat anti-colonial de défense des terres et de l’eau des habitants à Nabi Saleh, qui est le reflet de situations similaires dans toute la Palestine occupée. Nour et Ahed ont été filmées dans la même vidéo en train d’affronter sur leurs terres les soldats israéliens d’occupation peu de temps après que leur cousin Mohammed, 14 ans, ait été atteint à la tête par le tir d’une balle en métal enrobée de caoutchouc  par les forces d’occupation ayant envahi le village. Sur la vidéo, Ahed gifle un soldat d’occupation après qu’il l’ait giflée et qu’il ait refusé de quitter la propriété de la famille.

Pendant ce temps, le 3 janvier, Manal Tamimi, qui avait été arrêtée par les soldats de l’occupant le jeudi 29 décembre à l’extérieur du tribunal militaire d’Ofer, alors qu’elle manifestait pour la libération de Ahed, Nariman et Nour Tamimi, a été libérée après près d’une semaine passée dans les prisons de l’occupant israélien. La joie lors de la libération de Manal, cependant, a été refroidie par le chagrin et la colère lors de l’assassinat de Musaab Tamimi, âgé de 17 ans, du village de Deir Nizam, le « village jumeau » de Nabi Saleh. Musaab, un cousin des Tamimi de Nabi Saleh,  a été mortellement atteint au cou  par une balle tirée par un sniper de l’occupant israélien  ayant pénétré dans son village dans l’après-midi du 3 janvier, ce qui est la première vie palestinienne prise en 2018 par les forces d’occupation. Les forces d’occupation ont essayé de justifier le meurtre de Musaab en déclarant qu’il « paraissait »  tenir un fusil, mais n’ont pas présenté de photos ou de preuve de l’existence  d’un tel fusil. L’utilisation du terme  « apparaissait » semble être un aveu par les forces d’occupation israéliennes du fait qu’elles ont abattu le garçon alors qu’il manifestait contre les intrusions répétées dans son village.

Ahed et sa mère, Nariman Tamimi, demeurent emprisonnées à la prison de HaSharon, toutes les deux inculpées devant des tribunaux militaires aux taux de condamnation de 99.74%. Nariman est inculpée pour «provocation» sur les médias sociaux pour avoir diffusé en continu  l’accrochage d’Ahed avec les soldats d’occupation ainsi que pour ses autres formes d’expression politique sur les médias sociaux, et pour « avoir agressé » des soldats, tandis que Ahed fait face à 12 inculpations qui pourraient faire qu’elle soit condamnée à des années de prison. La protestation continue de croître dans le monde, exigeant la libération immédiate d’Ahed et de Nariman Tamimi. A Paris, la foule a défilé dans le centre ville le 4 janvier en portant des pancartes et des bannières exigeant la libération de Ahed et de ses camarades enfants palestiniens emprisonnés, au nombre de plus de 300 sur un total de 6.200 prisonniers palestiniens.

 

A Johannesburg, en Afrique du Sud, des étudiants ont manifesté Place Nelson Mandela, en solidarité avec Ahed Tamimi et des camarades prisonniers palestiniens, en demandant leur libération immédiate. De l’intérieur des prisons israéliennes, l’important dirigeant palestinien Marwan Barghouti a publié de la prison de Hadarim une déclarations sur le cas de Ahed Tamimi : 

 

"Mon chagrin ne se limite pas à l’enfant Ahed Tamimi, détenue dans les prisons israéliennes, mais concerne tous ceux de sa génération, la génération de Palestiniens la plus courageuse qui est un modèle de sacrifice et d’affrontement de l'occupant. Comme tous les enfants du monde dans les écoles et les universités, devant les ordinateurs, dans les terrains de jeu, sur les places, dans les bibliothèques, dans les piscines  et les associations, ils veulent profiter de la vie, et non être jetés dans des cachots ou des prisons…. Ahed, je te promets, et, à travers toi, à tous les enfants de Palestine, de continuer la lutte pour vous…  pour réaliser votre liberté et votre dignité.”

 

Des manifestations dans les prochains jours  sont en cours d’organisation dans un certain nombre de villes dans le monde pour la libération de Ahed et Nariman Tamimi,  parmi lesquelles des  actions à New York, Los Angeles, Glasgow, Manchester et  Edimbourg.

Nous venons d'apprendre ce lundi 8 janvier que le procès de Ahed Tamimi et de sa mère, Nariman Tamimi, qui devait avoir lieu aujourd'hui, a été reporté au Lundi 15 Janvier. Une semaine de détention supplémentaire... une semaine de vengeance de la part d'un gouvernement qui bafoue au quotidien les droits des Palestiniens qui résistent contre l'occupation.

 

Pour rejoindre les 150.000 personnes qui ont déjà signé la pétition internationale pour la libération de Ahed: 

 

https://secure.avaaz.org/campaign/fr/free_ahed/?fyRLhmb

 

 

A lire aussi l'article paru sur le site de Libé dont on peut ne pas apprécier le ton... mais au moins les médias en parlant de Ahed sont bien obligés de parler de l'occupation...

 

http://www.liberation.fr/auteur/13817-guillaume-gendron