En Palestine, Martial a vu « l'inimaginable »


En haut : Des Palestiniens sont fouillés pour pouvoir circuler. Des femmes attendent d'être contrôlées pour passer un check point, près de Ramallah. En bas : Le mur qui se dresse sur 700 km et divise le territoire palestinien. | Martial Coquio
En haut : Des Palestiniens sont fouillés pour pouvoir circuler. Des femmes attendent d'être contrôlées pour passer un check point, près de Ramallah. En bas : Le mur qui se dresse sur 700 km et divise le territoire palestinien. | Martial Coquio

Du 3 au 13 mai, douze membres de l'association France Palestine Solidarité de Saint-Brieuc ont partagé le quotidien de Palestiniens.

Le Langueusien Martial Coquio en est revenu bouleversé. Témoignage dans Ouest-France du 1er juillet 2016

 

Je voulais participer à ce voyage pour mieux informer et sensibiliser les personnes ici en France, du combat que les Palestiniens mènent quotidiennement. Ce périple était le premier pour moi. J'ai vu l'inimaginable. La Palestine est un pays occupé depuis 1967. Ils ont perdu 56 % de leur territoire. Ils ont dû laisser leur maison et même leurs terres, ce qui a provoqué des conflits.

 

« Un mur coupe le pays en deux »

J'ai vu des files d'attente à un check point derrière des barreaux. Enfermées derrière ces grilles, les gens attendent de pouvoir entrer dans un territoire sous autorité israélienne. On a découvert ce mur de plus de 700 km de long qui coupe le pays en deux.

Parfois, le mur érigé tout au long de la Cisjordanie sépare un agriculteur de son champ. Il doit faire un détour pour rejoindre un check point et revenir vers son champ situé juste de l'autre côté de sa maison. Si un militaire décide de ne pas faire entrer un Palestinien, même avec une autorisation, aucun recours n'est possible.

 

« Il faut que tout le monde sache »

On se doit de témoigner, au plus grand nombre, de la situation politique, sociale et humanitaire de ce peuple. Une mère de famille m'a dit qu'elle avait peur pour ses enfants, car ils sont terrorisés et traumatisés. Ils souhaitent simplement pouvoir dormir en paix. Ils sont aussi contraints d'avoir toujours leur visa en poche. Partout, à tout moment, il y a des contrôles aux nombreux postes, fixes ou volants, mis en place par l'État israélien.

Certains ont envie de partir, mais pour d'autres, rester est le moyen de lutter, de résister au quotidien et continuer de se faire entendre. À mon retour, j'ai éprouvé des difficultés à retrouver le sommeil. Je fermais les yeux et j'avais encore toutes ces images en tête.

J'ai pu prendre des photos qui seront exposées en octobre à la médiathèque de Plérin. Je souhaiterais également pouvoir partager mon expérience dans les écoles. Car il faut que tout le monde sache. »