Les Palestiniens commémorent sous tension le 69e anniversaire de la Nakba


Chaque 15 mai, le peuple palestinien commémore la « Nakba », son exode forcé consécutif à la violence des forces sionistes et à la création de l’Etat d’Israël en 1948. Aujourd’hui ces réfugiés chassés de leurs terres et leurs descendants sont plus de 5 millions à vivre en Cisjordanie, à Gaza ou à l’étranger. 69 ans plus tard, leur droit au retour est toujours bafoué.


Anadolu Agency via Getty Images
Anadolu Agency via Getty Images

 

 

 

Un article de la rédaction du HuffPost Algérie

avec agences publié le 15 mai 2017

http://www.huffpostmaghreb.com/2017/05/15/nakba-69e_n_16622938.html 


Des heurts avec les forces de l'occupation israélienne ont fait plusieurs blessés palestiniens en Cisjordanie occupée ce lundi 15 mai 2017 à l'occasion de la journée commémorant la "Nekba", dans un contexte marqué par la poursuite de l’occupation et de la colonisation dans les territoires palestiniens, par un soulèvement populaire spontané en Cisjordanie et par la grève de la faim collective et illimitée de plus de 1.700 prisonniers palestiniens. 

Onze Palestiniens ont été évacués vers des hôpitaux après avoir été atteints, pour la plupart, par des balles israéliennes en caoutchouc lors d'affrontements près du checkpoint dit du DCO ou de Bet-El, à la sortie de Ramallah.

Des dizaines de jeunes ont lancé des pierres en direction des soldats de l'occupation positionnés autour du checkpoint, l'un des lieux privilégiés par la jeunesse palestinienne pour protester contre la colonisation militaire israélienne des Territoires palestiniens. Les soldats israéliens ont répliqué avec des moyens anti-émeutes.

A Bethléem aussi, plusieurs centaines de Palestiniens arborant des tee-shirts noirs frappés de l'inscription 1948, année de la Nekba, ont lancé des cailloux sur les forces israéliennes qui les maintenaient à distance à coups de balles en caoutchouc, de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogène.

La "Nakba" désigne la "catastrophe" que fût pour les Palestiniens la création d'Israël en 1948 sur les trois quarts de la Palestine, poussant plus de 760.000 Palestiniens, aujourd'hui quelque 4,8 millions avec leurs descendants, à se réfugier dans des pays voisins. 

La catastrophe de la Nakba a été aussi la destruction entre 1947 et 1949, de plus de 500 villages palestiniens, dont le plus connu est Deir Yassine avec ses 250 habitants massacrés par les forces d'occupation.

Les Palestiniens commémorent chaque année cette date, pour dénoncer dans un message délivré au monde entier, "soixante-neuf ans de souffrance, de malheurs et de massacres pour un peuple digne, soixante-neuf ans d'injustice imposée à un peuple sur sa terre, soixante-neuf ans de déportation d’un peuple pour le remplacer par un autre peuple", rapportent plusieurs médias ce lundi.

Drapeaux en berne

Avant les heurts au checkpoint, plusieurs milliers de personnes ont marché sous les drapeaux palestiniens dans Ramallah. Ils portaient une clé surdimensionnée, symbole traditionnel des maisons perdues à l'époque et dans lesquelles les Palestiniens espéraient revenir après le conflit israélo-arabe.

"Je viens tous les ans commémorer cet anniversaire, cette catastrophe", disait Salha Orabi, 62 ans, descendante de réfugiés et résidente du camp de Jalazoun, près de Ramallah.

"La Nakba, pour nous, signifie la destruction. Nous sommes bien placés pour savoir ce que cela signifie, nous avons dû fuir, c'est nous qui avons quitté nos maisons et nos terres".

Le droit au retour reste une revendication primordiale des Palestiniens et l'une des questions les plus épineuses pour faire la paix avec Israël après presque 70 ans de conflit.


Documents de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine sur le 69e anniversaire de "la grande catastrophe"



Un nouvel appel à la solidarité lancé par l'AFPS du Pays de Morlaix



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La grève de la faim des prisonniers palestiniens et le droit international


Un document de la Campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouti et tous les prisonniers politiques palestiniens,

 

" La grève de la faim des prisonniers palestiniens – Au-delà des récits et des discours, une perspective sur le plan du droit international "

traduit de l’anglais par Jean-Marie Flémal.

( Merci pour l'emprunt à nos amis belges de POUR LA PALESTINE )


Depuis le début de la grève de la faim, les responsables israéliens ont recouru à l’incitation, à des distorsions et à des mensonges contre les prisonniers palestiniens et leur grève. Ce document rassemble des notes émanant de sources internationales autorisées, y compris des institutions de l’ONU, le CICR et des organisations internationales renommées des droits de l’homme qui s’inscrivent en faux contre le discours officiel israélien et dénoncent les violations par Israël des droits des prisonniers palestiniens, violations qui ont débouché sur la présente grève de la faim.

Les arrestations de masse arbitraires

– Selon le Bureau central palestinien de statistique (BCPS), Israël a arrêté plus de 800 000 Palestiniens depuis 1967. C’est l’équivalent de 40 % de la population masculine des Territoires palestiniens occupés (1).

– Le taux de condamnation des Palestiniens devant les tribunaux militaires israéliens a varié de 90 % (2) à 99 % (3) ces dernières années.

– « Le cas de [Marwan] Barghouti a très clairement prouvé que, loin d’apporter la sécurité, les infractions au droit international ont par-dessus tout sapé l’autorité de la justice israélienne en jetant le discrédit sur sa façon de mener des enquêtes et sur les procédures qu’elle emploie (4). »

– « Les chiffres sont sidérants et suggèrent une politique d’ensemble visant à intimider et restreindre de façon significative les libertés des Palestiniens (5). »

– « Le recours largement répandu et systématique par Israël à l’arrestation et à la détention de Palestiniens fait partie de sa politique de contrôle de la population palestinienne et de suppression des droits de cette dernière (6). »

La grève de la faim

– « Les grèves de la faim constituent une forme non violente de protestation utilisée par des individus qui ont épuisé d’autres formes de protestation visant à mettre en évidence la gravité de leur situation. Le droit à la protestation pacifique est un droit humain fondamental (7). »

– « La partie de l’État devrait garantir que les personnes privées de liberté et qui s’engagent dans des grèves de la faim ne fassent jamais l’objet de mauvais traitements ou de punitions pour s’être engagées dans une grève de la faim et qu’elles puissent recevoir les soins médicaux nécessaires correspondant à leurs desiderata (8). »

Mettre un terme à la grève de la faim en répondant aux revendications légitimes des prisonniers et non en recourant à la force

– « La façon de mettre un terme aux grèves de la faim ne consiste pas à alimenter de force les grévistes de la faim mais d’aborder les violations des droits de l’homme sous-jacentes contre lesquelles les prisonniers protestent (9). »

– « Les mesures punitives d’Israël à l’encontre des grévistes de la faim, y compris le recours au confinement solitaire, l’empêchement de rencontrer des avocats, les raids, la confiscation des effets personnels et le transfert des prisonniers et détenus vers d’autres prisons, visent à faire cesser la grève de la faim par la force, sont illégales et doivent cesser (10). »

– « L’alimentation provoquée par des menaces, la coercition, la force ou l’usage de contraintes physiques sur des personnes qui ont choisi l’extrême recours de la grève de la faim pour protester contre leur détention, équivalent à des traitements cruels, inhumains et dégradants, quand bien même ils seraient destinés à leur être bénéfiques (11). »

– « [La partie de l’État devrait] prendre les mesures législatives et autres nécessaires pour garantir que les personnes privées de liberté, aptes à prendre des décisions informées et qui s’engagent dans des grèves de la faim, ne fassent jamais l’objet d’une alimentation forcée ou d’un autre traitement médical appliqué contre leur volonté, puisque ces pratiques peuvent équivaloir à de la torture ou à de mauvais traitements (12). »

Le 30 juillet 2015, la Knesset israélienne a promulgué une loi autorisant l’alimentation de force et, le 11 septembre 2016, la Cour suprême israélienne entérinait le caractère constitutionnel de cette loi. Tous deux se mettaient ainsi en infraction vis-à-vis du droit international, de la même façon que lors d’autres décisions concernant, entre autres, les annexions, les implantations et le mur.

Les revendications des grévistes de la faim palestiniens

– « Les revendications des grévistes de la faim sont fondées sur le droit international. Elles comprennent la cessation de la détention administrative, la cessation des mesures punitives, y compris le confinement solitaire, la cessation de la torture et des mauvais traitements, la cessation de la politique de négligence médicale délibérée, le respect de leur droit à recevoir des visites de leur famille, l’installation de téléphones publics qui peuvent être utilisés pour contacter les familles et la restauration des droits à l’éducation (13). »

– « Faites appel à la communauté internationale pour entreprendre des actions afin de garantir que les revendications légitimes de tous les Palestiniens détenus en Israël soient respectées (14). »

– « Réitérez l’appel de l’UE en faveur du plein respect par Israël du droit humanitaire international et des obligations des droits de l’homme envers tous les prisonniers (15). »

– « Nous insistons sur l’importance d’œuvrer pour une amélioration des conditions de santé et des droits de l’homme des prisonniers palestiniens qui soit en conformité avec les normes internationales (16). »

– « Quel que soit l’endroit ou la base légale de leur détention, le traitement des prisonniers doit en toute circonstance être en conformité avec le droit international, y compris avec l’ensemble des règles minimales pour le traitement des prisonniers (17). »

Quelques-unes des revendications légitimes des prisonniers palestiniens :

Le respect de leur droit aux visites et contacts avec la famille

– « Israël contrevient à l’article 76 de la Quatrième Convention de Genève, qui interdit le transfert de prisonniers à l’extérieur d’un territoire occupé. Il en résulte que l’accès des membres de la famille à leur parent détenu est empêché (18). »

– « Le transfert illégal de prisonniers à l’extérieur du territoire occupé est utilisé pour justifier des restrictions injustifiées des droits de visite et il impose des épreuves désagréables aux prisonniers et à leurs familles (19). »

– « Les Palestiniens sont détenus en Israël, plutôt que dans le territoire occupé comme le requiert la loi sur l’occupation. Il en résulte que les membres de la famille ont moins accès à leurs parents détenus. Ils ont besoin de permis spéciaux et doivent entreprendre de longs trajets pour voir leurs êtres chers, avec des contrôles et des temps d’attente lorsqu’ils franchissent des terminaux ou lorsqu’ils entrent dans la prison (20). »

– « La politique israélienne, vieille de plusieurs décennies et consistant à détenir des Palestiniens issus de la Cisjordanie occupée et de Gaza dans des prisons à l’intérieur d’Israël et à les priver des visites régulières de leurs familles est non seulement cruelle, mais constitue aussi une violation manifeste des lois internationales (21). »

– « Les appels adressés aux autorités israéliennes à assumer leurs pleines responsabilités vis-à-vis du droit humanitaire international en ce qui concerne les contacts familiaux entre les Palestiniens détenus en Israël et leurs familles résidant dans les territoires occupés (22). »

– « Depuis 1968, le CICR facilite les visites familiales aux prisonniers détenus en Israël. Soyons toutefois très clairs, en ce sens que cela est avant tout de la responsabilité de l’État d’Israël en tant que puissance occupante (23). »

– « Selon la Quatrième Convention de Genève de 1949, les Palestiniens ont droit à ces visites, qui ne peuvent être limitées que pour des raisons de sécurité, sur base du cas par cas, mais jamais à des fins strictement punitives ou disciplinaires (24). »

– « Les autorités israéliennes doivent cesser d’imposer des restrictions excessives aux droits de visite en tant que moyen de punir les prisonniers et leurs familles, et elles doivent faire en sorte que ces conditions satisfassent totalement aux normes internationales (25). »

Cessation de la torture et des mauvais traitements

– « Les membres de l’armée et de la police israéliennes, ainsi que de l’Agence de sécurité d’Israël (ISA), ont soumis en toute impunité des prisonniers palestiniens, dont des enfants, à la torture et à d’autres mauvais traitements, particulièrement lors de l’arrestation et durant les interrogatoires. Les méthodes renseignées comprenaient tabassages, gifles et coups divers, menottages douloureux, privation de sommeil, utilisation de positions sous tension et menaces. Bien que les plaintes faisant état de tortures par des agents de l’ISA soient traitées par le ministère de la Justice depuis 2014 et que plus d’un millier de ces plaintes aient fait l’objet d’un dossier, aucune enquête criminelle n’a jamais été ouverte (26). »

Cessation de la détention administrative

– « Le haut commissaire de l’ONU a demandé itérativement à Israël de mettre un terme à la détention administrative et de cesser de garder des détenus palestiniens en dehors du territoire occupé (27). »

– « La pratique de la détention administrative est incompatible avec la législation internationale sur les droits de l’homme et il devrait y être mis un terme (28). »

– « [La détention administrative] est devenue une pratique largement répandue et systématique, avec des centaines de personnes détenues sans accusation ni procès chaque année, en infraction avec l’article 9 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (29). »

Cessation du confinement solitaire

– « Faire en sorte que le confinement solitaire et des mesures équivalentes ne soient utilisés que dans des cas exceptionnels en tant que mesures de dernier recours, appliquées pendant un temps le plus bref possible et soumises à un examen indépendant, en conformité avec les règles internationales (30). »

Respect de leur droit à l’éducation

– En juin 2011, les Services pénitentiaires israéliens (IPS) ont décidé arbitrairement de priver tous les prisonniers politiques palestiniens de recevoir des cours de l’enseignement supérieur.

– Le 14 avril 2015, la Cour suprême israélienne a rejeté une pétition concernant le droit à l’enseignement supérieur des prisonniers politiques palestiniens détenus dans des prisons israéliennes (31).

– Cette décision a été adoptée en contravention avec les dispositions à ce sujet de la Quatrième Convention de Genève, y compris l’article 94, qui stipule que « toutes les facilités possibles seront accordées aux internés afin de leur permettre de poursuivre leurs études ou d’en entreprendre de nouvelles. L’instruction des enfants et des adolescents sera assurée ; ils pourront fréquenter des écoles soit à l’intérieur soit à l’extérieur des lieux d’internement (32). »

NB - Toutes les notes et références en anglais sont sur le site : http://www.pourlapalestine.be/la-greve-de-la-faim-des-prisonniers-palestiniens-et-le-droit-international/  


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Grève de la faim des prisonniers politique palestiniens : actualisation au 11 Mai 2017


11 Mai 2017

26ème jour de la grève de la faim des prisonniers

politiques palestiniens.

Une actualisation de l'Agence Médias Palestine


Photo By /Flash90
Photo By /Flash90

Les avocats continuent de se voir refuser l’accès aux prisonniers, tel que Ahmad Sa’adat, Ahed Abu Ghoulmeh et Marwan Barghouthi. Ces refus de visite s’inscrivent dans le contexte ou un nombre croissant de prisonniers palestiniens sont confrontés à des conditions de santé risquées alors qu’ils entament leur quatrième semaine sans nourriture dans le cadre de la grève de la faim pour la dignité et de la liberté. 

 

Des dizaines de prisonniers en grève de la faim ont été transférés dans un soi-disant «hôpital de campagne» après avoir été victimes d’évanouissements, des vomissements de sang et de graves douleurs. La création de cet «hôpital de terrain» a soulevé une inquiétude particulière car les forces d’occupation israéliennes cherchent à alimenter de force les prisonniers palestiniens, notamment avec des médecins amenés de l’étranger.* 

 

Ahmad Hamamrah,19 ans, un des grévistes de la faim, pour qui la santé se détériore gravement, s’est vu transféré à l’hôpital de Shaare Tzedek. Les grévistes connaissent une répression constante, y compris des transferts fréquents et abusifs qui affectent considérablement leurs corps déja affaiblis. L’isolement et la confiscation de tous les biens personnels, l’interdiction de visites légales et familiales, les transferts abusifs et arbitraires généralisés, se sont poursuivis le mardi 9 mai, tandis que 120 prisonniers palestiniens dans la prison de Nafha ont été transférés à la prison de Shatta.

 

L’avocat palestinien Khalid Mahajna a pu se rendre chez le prisonnier gréviste, Aroun Ayad, dans la prison d’Ohli Kedar en Israël, et a signalé que les médecins de la prison donnaient de la nourriture à des prisonniers en grève et tentaient de négocier avec eux pour se prémunir contre la grève en échange de traitements de faveurs.

 

La Société des Prisonniers a déclaré que cette visite juridique n’a été obtenue qu’après de multiples demandes rejetées et de longues négociations. Pendant ce temps, les prisonniers de la prison du désert du Néguev sont soumis à des pratiques répressives et répétées, notamment des recherches et des raids utilisant des chiens.

 

Un gardien a également versé de l’eau sur la tête du gréviste de la faim Mohammed Abu Rub de Jenin, selon l’avocat palestinien Yousef Nasasreh. Les prisonniers de plusieurs prisons ont aussi signalé des privations de l’accès à l’eau en bouteille normalement fournie, d’autres sont contraints de boire de l’eau chaude du robinet, ou même encore de se partager de petites quantités à plusieurs.

 

La maison de l’ancien gréviste de la faim et journaliste emprisonné Mohammed al-Qeeq , a été envahie par les forces d’occupation israéliennes le matin du mardi 9 mai. Fayha Shalash, l’épouse d’Al-Qeeq, a déclaré que 20 soldats de l’occupation ont pris d’assaut la maison, et ont saccagé les biens de la famille. Elle a déclaré que c’était une tentative de faire pression sur son mari pour qu’il mette fin à sa grève.

 

La journaliste israélienne Orly Noy, dans un article publié le 9 mai sur le média "+972" a déclaré : "En fait, jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas vu un seul média, à part « Local Call » publier la liste complète des demandes des grévistes de la faim. Pourquoi 1 600 prisonniers ont-ils refusé de manger pendant 3 semaines? Que veulent-ils ? Qui sont ces gens ? Le public israélien ne le sait pas. Il ne sait pas quelles sont leurs conditions en prison, ni même combien ces conditions sont devenues encore plus sévères pour eux depuis qu’ils ont commencé leur grève. Les prisonniers sont empêchés de rencontrer leurs avocats et sont soumis à des mises à l’isolement, des intrusions dans leurs cellules à toutes heures de la journée, des fouilles au corps humiliantes, et la confiscation du sel, qui constitue la base du regime pendant leur grève de la faim. Le public israélien ne sait ni n’a aucun désir de savoir. "

 

Depuis le début de la grève, le 17 avril 2017, Addameer (Association des Droits de l’Homme et d’aide pour les prisonniers palestiniens) a envoyé plusieurs demandes de visite au Service Pénitentiaire Israélien (IPS) afin de rencontrer les prisonniers et les grévistes, mais l’IPS n’a répondu à aucune demande. Addameer condamne en particulier les restrictions de l’IPS imposées aux avocats souhaitant rendre visite aux prisonniers.

 

Malgré la décision de la Haute Cour israélienne de permettre aux détenus de voir leurs avocats, l’IPS a souvent refusé des visites sur demande. Addameer prévoit que l’IPS continuera à utiliser de telles pratiques, comme le déplacement des prisonniers dans d’autres prisons sans en informer leurs avocats ou d’empêcher systématiquement les avocats de pouvoir rendre visite aux prisonniers, afin d’isoler davantage les grévistes de la faim et de les forcer à mettre fin à la grève. En raison de cette interdiction sur les visites d’avocat, Addameer n’a pas été en mesure de suivre le développement de la santé des détenus et des conditions quotidiennes. 

 

Actualisation réalisée par l'Agence Media Palestine

Sources : +972 et Samidoun ainsi que Addameer

*: http://samidoun.net/2017/05/24th-day-of-palestinian-prisoners-hunger-strike-legal-visits-blocked-for-saadat-abu-ghoulmeh-barghouthi/


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BREST : L'AFPS avec les prisonniers palestiniens


Les militants de France Palestine Solidarité sont allés, samedi matin, à la rencontre des Brestois, pour leur parler de la situation des prisonniers palestiniens en Israël.
Les militants de France Palestine Solidarité sont allés, samedi matin, à la rencontre des Brestois, pour leur parler de la situation des prisonniers palestiniens en Israël.

 

L'Association France Palestine Solidarité était présente sur deux marchés brestois, samedi matin, en solidarité avec le mouvement de grève de la faim des prisonniers palestiniens pour demander le respect du droit international. 

Samedi matin, sur les marchés de Kérinou puis de Saint-Martin, des militants de l'Association France Palestine Solidarité (AFPS) ont distribué des tracts. 

Grève de la faim 


Dans une prison virtuelle, dessinée au sol, les mains entravées, l'un des militants buvait de l'eau salée pour rappeler que plusieurs centaines de prisonniers palestiniens observent actuellement une grève de la faim, à l'image de Marwan Barghouthi. Ce dernier, figure de la seconde intifada et condamné à la perpétuité, a commencé, le 17 avril, à ne plus s'alimenter, pour protester contre les conditions d'incarcération en Israël. « Nous sommes venus sur les marchés pour informer les Brestois sur ce mouvement de grève de la faim dans les prisons israéliennes. Ils sont de plus en plus nombreux à le suivre, sûrement plus de 1.600 aujourd'hui et pourtant personne n'en parle », dit Claude Léostic, de l'Association France Palestine Solidarité. « Nous n'avons plus de nouvelles depuis huit jours de Marwan Barghouthi.

 Tous les prisonniers grévistes subissent des transferts d'une prison à une autre, ils ne peuvent voir leur avocat ni leurs familles, et certains se sont fait confisquer le sel, le seul produit qu'ils consomment avec de l'eau durant leur grève de la faim. Nous sommes très inquiets pour eux », ajoute Claude Léostic, qui craint une évolution similaire à celle vécue il y a trente-six ans en Irlande du Nord. Dix Irlandais, dont Bobby Sands, étaient morts en 1981 à la suite d'une grève de la faim qui avait duré entre 66 et 73 jours, faute d'avoir obtenu le statut de prisonnier politique qu'ils réclamaient. 

« Rencontrer les nouveaux élus »


« La France doit faire pression sur les autorités israéliennes afin qu'elles respectent enfin le droit international. Il faut savoir qu'il y a 300 enfants parmi les prisonniers palestiniens. Dès la fin des élections, nous demanderons à rencontrer les nouveaux élus », conclut Claude Léostic. 

Contact 
Association France Palestine Solidarité, 50, esplanade de la Fraternité, 29200 Brest. Courriel, afps29n@yahoo.fr Page Facebook : afps.brest


© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/finistere/brest/france-palestine-solidarite-alerter-sur-le-sort-des-prisonniers-en-israel-09-05-2017-11505447.php#pbl5OX9qWg0AjHrZ.99


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Ismaïl Haniyeh élu à la tête du mouvement palestinien Hamas


Le dirigeant, qui succède à Khaled Mechaal, sera confronté à l’isolement du groupe islamique armé, auquel tente de répondre sa nouvelle charte.

 

Un article de Piotr Smolar (correspondant à Jérusalem) du 06.05.2017

En savoir plus sur : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/05/06/ismail-haniyeh-elu-chef-du-mouvement-palestinien-hamas_5123548_3218.html#icjDHrxE6gmBPUEB.99


Après un processus interne de quatre mois aussi complexe qu’opaque, la direction du Hamas est renouvelée. Ismaïl Haniyeh, 54 ans, prend la tête du bureau politique, succédant à Khaled Mechaal, qui occupait ce poste depuis 1996, a-t-on appris samedi 6 mai. L’élu l’a emporté face à Moussa Abou Marzouk et Mohamed Nazzal. Cette désignation a eu lieu dans le cadre de la Majlis Al-Choura, l’assemblée dont le bureau politique organe exécutif du mouvement est issu. Celle-ci regroupe une soixantaine de délégués représentant les militants de Gaza, de Cisjordanie, des camps de réfugiés en Syrie, en Jordanie et au Liban, ainsi que les détenus dans les prisons israéliennes.

La désignation d’Ismaïl Haniyeh, qui était le favori depuis de longs mois, est annoncée quelques jours après la publication de la nouvelle charte du Mouvement de résistance islamique.

Le Hamas cherche à sortir de son isolement sur le plan international, en validant dans un texte référence des évolutions en cours depuis des années. Il s’agit à la fois de ne plus prêter le flanc aux accusations d’antisémitisme, qui l’escortent depuis sa création, et de s’ancrer davantage sur la scène palestinienne. Le Hamas ne revendique plus de lien organique avec les Frères musulmans, sa maison mère. Au nom de la nécessaire réconciliation entre factions palestiniennes, il se dit prêt à accepter le principe d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967.

Pragmatique

Khaled Mechaal vivait en exil à Doha, au Qatar. Ismaïl Haniyeh, qui dirigeait jusqu’à récemment le mouvement dans la bande de Gaza, pourrait demeurer dans le territoire palestinien. Détenu à plusieurs reprises par les Israéliens depuis les années 1980, le nouvel élu est considéré comme une figure pragmatique – à l’échelle du mouvement islamique armé –, ce qui ne signifie nullement qu’il est enclin aux compromis. Il fut l’assistant du cheikh Ahmed Yassine, le leader spirituel du Hamas, échappant de peu à une tentative d’assassinat avec lui, en 2003. Devenu un haut cadre du mouvement, il fut désigné premier ministre au printemps 2006, avant d’être limogé en juin 2007 par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à la suite de la prise de contrôle violente du Hamas à Gaza.

Ismaïl Haniyeh a suivi une ligne dure, au cours des dix ans qui ont suivi, dans les tentatives de médiation et de réconciliation entre factions palestiniennes, veillant jalousement au contrôle de Gaza par son mouvement. Le 30 avril, il mettait en garde contre l’optimisme exprimé dans l’entourage de Mahmoud Abbas, au sujet de la volonté américaine de relancer des négociations de paix. « Les forces de la résistance constituent notre pouvoir et notre respect, et ne vous attendez pas à obtenir quoi que ce soit de Trump », a-t-il déclaré.

A la mi-février, Yahya Sinouar a été désigné comme le nouveau chef du Hamas dans la bande de Gaza, succédant à Ismaïl Haniyeh. Le contraste entre les deux hommes tient à leur parcours comme à leur attitude. A ce jour, les apparitions de Sinouar en public ont été très peu nombreuses, l’homme étant un vétéran de la clandestinité. A la fin des années 1980, il fut un haut cadre du Majid, une organisation créée aux origines du Hamas, chargée de pister les collaborateurs avec les services israéliens, puis de les exécuter. Il fut détenu pendant vingt-deux ans dans les prisons israéliennes.

Haniyeh, pour sa part, est une figure publique connue à Gaza, rompu à l’exercice médiatique, à l’aide au micro, sachant séduire un auditoire en lui disant ce qu’il attend. Il s’est préparé comme un véritable politicien à la succession de Khaled Mechaal, en menant campagne pendant cinq mois au Qatar. En janvier, il a aussi conduit une délégation du Hamas partie au Caire pour discuter avec de hauts responsables égyptiens des modalités d’une possible normalisation entre les deux parties. Filiale historique des Frères musulmans, le Hamas est d’autant plus mal vu par le régime égyptien que son aile militaire a développé des liens avec les djihadistes dans le Sinaï, notamment pour acheminer des armes.

Beaucoup de questions demeurent en suspens, concernant l’avenir du Hamas et les relations entre Sinouar et Haniyeh, même si les cadres du mouvement insistent toujours sur son mode de décision collégial. Quelles options seront prises concernant les liens avec l’Iran, qui reste le principal pourvoyeur d’armes potentiel ? Comment sera géré le dossier des deux civils israéliens, retenus à Gaza après avoir pénétré sur le territoire à l’été 2014 ? Enfin, combien de temps durera l’unanimité actuelle au sein du mouvement, selon laquelle une nouvelle guerre contre Israël n’est pas souhaitable dans l’immédiat ?


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VIDEO. Des internautes boivent de l'eau salée en soutien aux prisonniers palestiniens en Israël


Le défi #SaltWaterChallenge a été initié par le fils de Marwan Barghouti pour soutenir la grève de la faim entamée par un millier de palestiniens incarcérés

 

Lire ici sur Francetvinfo.fr : Le défi #SaltWaterChallenge qu'est-ce que c'est ?

 

http://www.francetvinfo.fr/internet/reseaux-sociaux/qu-est-ce-que-le-saltwaterchallenge-le-defi-des-internautes-pour-les-prisonniers-palestiniens_2173188.html



Plus d'un millier de prisonniers palestiniens détenus en Israël observent une grève de la faim, depuis le 17 avril pour obtenir des conditions de détention plus humaines et plus dignes.

Pourquoi de l'eau salée ? "Parce que ces prisonniers ne survivent qu’avec de l’eau salée depuis sept jours", explique Aarab Marouane Barghouti, fils de prisonnier et initiateur du défi sur les réseaux sociaux. Son père, Marouane Barghouti, est l'initiateur de cette grève de la faim. Israël l’a condamné à la prison à vie pour son implication dans une série d’attentats qui ont fait cinq morts.


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Le Hamas reconnaît l’OLP comme le « cadre national » des Palestiniens


Un article de David Hearst
2 mai 2017
David Hearst est rédacteur en chef de Middle East Eye. Il a été éditorialiste en chef de la rubrique Étranger du journal  The Guardian, où il a précédemment occupé les postes de rédacteur associé pour la rubrique Étranger, rédacteur pour la rubrique Europe, chef du bureau de Moscou et correspondant européen et irlandais.

Un partisan du Hamas et sa fille commémorent le 29e anniversaire du mouvement à Gaza en décembre (AFP)
Un partisan du Hamas et sa fille commémorent le 29e anniversaire du mouvement à Gaza en décembre (AFP)

Dans un nouveau document politique, le mouvement indique que l’Organisation de libération de la Palestine devrait servir un projet national et assurer les droits des Palestiniens


Le Hamas a officiellement reconnu l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) comme le « cadre national » du peuple palestinien, mais demande qu’elle « soit reconstruite sur des fondements démocratiques pour protéger les droits des Palestiniens ».

Cette reconnaissance historique est énoncée dans un nouveau document « de référence » dévoilé à Doha lundi et tranche énormément avec la charte d’origine du Hamas qui était conçue comme une alternative à l’OLP.

Le Hamas demande la refonte de l’OLP. Il stipule que l’organisation : « doit donc être préservée, développée et reconstruite sur des fondements démocratiques afin d’assurer l’implication de toutes les composantes et forces du peuple palestinien, d’une manière qui protège les droits des Palestiniens. »

L’OLP doit donc être préservée, développée et reconstruite sur des fondements démocratiques – Document du Hamas

En outre, le Hamas mentionne le rôle de l’Autorité palestinienne, qui doit consister à « servir le peuple palestinien et assurer sa sécurité, ses droits et son projet national ».

Autre grande première, le Hamas a officiellement accepté les frontières du 4 juin 1967 pour un État palestinien. Cette reconnaissance est loin d’être une solution à deux États, car le Hamas refuse de reconnaître Israël ou « toute alternative à la libération pleine et entière de la Palestine, du fleuve [Jourdain] à la mer ».

Il rejette également les accords d’Oslo et tous les accords qui en découlent.

Il précise qu’il accepte les frontières de 1967, uniquement avec Jérusalem comme capitale et le retour des réfugiés dans leurs foyers, comme une « formule de consensus national ».

S’exprimant à Doha après la révélation du document lundi, le dirigeant politique du Hamas, Khaled Meshaal, a déclaré que celui-ci visait à rendre « limpides » les véritables convictions du Hamas.

« Le Hamas est un mouvement viable et renouvelable en matière de sensibilisation idéologique et de performance politique, de même qu’il se développe dans ses aspects de lutte et de combat », a-t-il déclaré.

« C’est un résultat naturel du développement du Hamas en tant que mouvement. »

Il a ajouté que le Hamas « se développait sans perdre de vue ses principes fondamentaux ni renoncer aux droits établis et aux exigences de notre peuple. »

Une source du Hamas a déclaré à MEE : « Ce n’est pas la solution à deux États, car les deux États ne se reconnaîtront pas. Peut-être que certains États arabes se réjouiront de voir évoquées les frontières de 1967, mais les conditions nécessaires pour accepter cela ne seront pas acceptées par l’Initiative de paix arabe. »

« Quand on parle du droit au retour, de ne pas reconnaître le droit d’Israël d’exister, de ne céder aucune partie de la Palestine, Israël n’en sera pas satisfait. Ce n’est pas fait pour satisfaire ces acteurs extérieurs. C’est pour que les gens du mouvement s’expriment. »

Israël a immédiatement dénigré le document. David Keyes, un porte-parole du bureau du Premier ministre, a déclaré : « Le Hamas essaie de tromper le monde, mais il ne réussira pas. »

« Ils construisent des tunnels terroristes et ont lancé des milliers et des milliers de missiles contre des civils israéliens. Voilà le vrai Hamas. »

Le Hamas affirme que les lois internationales et divines autorisent la résistance « par tous les moyens et méthodes » (Reuters) 
Le Hamas affirme que les lois internationales et divines autorisent la résistance « par tous les moyens et méthodes » (Reuters) 
Le troisième engagement majeur du document publié lundi stipule que le combat du Hamas est contre le sionisme et non le judaïsme. C’est le principal revirement par rapport à sa charte d’origine, qui a été largement condamnée par les libéraux au sein du mouvement et ses détracteurs extérieurs comme étant grossièrement antisémite.

Le nouveau document indique : « Le Hamas affirme qu’il s’oppose au projet sioniste et non aux juifs en raison de leur religion. Le Hamas ne lutte pas contre les juifs parce qu’ils sont juifs, mais lutte contre les sionistes qui occupent la Palestine. »

Le document continue toutefois d’ajouter la mise en garde selon laquelle c’est le sionisme qui se réfère au judaïsme et aux juifs dans son identification de la terre d’Israël.

Le statut du nouveau document a fait l’objet d’un débat interne. Des responsables du Hamas soutiennent que le document est censé servir de nouveau « point de référence », bien qu’il ne remplace pas sa charte originale, écrite en 1988 lors de la création du mouvement.

« Le Hamas affirme qu’il s’oppose au projet sioniste et non aux juifs en raison de leur religion » – Document du Hamas

Une source ayant connaissance du processus interne qui a permis de produire le document a déclaré : « Le Hamas est très sensible en raison de l’histoire de l’OLP, lorsque l’OLP a subi des pressions pour qu’il annule sa charte. »

« Le Hamas ne le fera pas sous la pression. C’est pourquoi il est délicat d’affirmer que le document remplace la charte. »

Néanmoins, la source a déclaré que contrairement à la charte, qui a été écrite par un seul homme, le document de ce lundi a été le fruit de quatre ans de débat interne et a obtenu un large consensus à travers le mouvement.

Le document, qui comporte d’autres ruptures par rapport au passé, tente de moderniser la vision et les objectifs politiques du Hamas.

Le document ne fait aucune mention des Frères musulmans, abandonnant ainsi dans les faits la connexion qui a été énoncée explicitement dans la charte de 1988.

Il indique seulement que le Hamas est un mouvement national palestinien « avec une référence islamique ».

Selon le Hamas, les femmes « jouent un rôle fondamental dans la construction du présent et de l’avenir » (AFP)
Selon le Hamas, les femmes « jouent un rôle fondamental dans la construction du présent et de l’avenir » (AFP)

Pour aller plus loin, un autre article de David Hearst du 3 mai 2017 : 

Un État palestinien selon les frontières de 1967 : le Hamas a-t-il un train de retard ?

 http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/un-tat-palestinien-selon-les-fronti-res-de-1967-le-hamas-t-il-un-train-de-retard-1863022598


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